Ou comment garantir la qualité des milieux par la diversité des habitats...
Dans la réserve naturelle du marais de Lavours, la gestion par le pâturage favorise certaines espèces telles que le Liparis de Loesel, mais elle porte atteinte à une plante, la sanguisorbe,
et aux rares papillons Azurés qui lui sont liés. Pour contourner cet apparent antagonisme, il est nécessaire de concevoir une gestion de l’espace en une mosaïque diversifiée.
Liparis © Christophe Galet, Ecosphere
La Réserve Naturelle du marais de Lavours située dans la plaine alluviale du Haut-Rhône (département de l’Ain), abrite un marais calcaire de 484 hectares, d’un grand intérêt écologique,
comptant de nombreuses espèces rares et protégées.
Afin d’y assurer la conservation de ce patrimoine, le gestionnaire a entrepris d’y mettre en place une gestion par pâturage à l’aide de bétail rustique, chevaux camarguais et bovins Highland
Cattle. Cette gestion s’est révélée bénéfique car elle a permis de créer des zones très ouvertes favorables à des espèces supportant mal la compétition entre plantes, comme le Liparis de
Loesel (Liparis loeselii), une Orchidée qui est protégée en France et figure à l’annexe 2 de la Directive européenne Habitats Faune Flore.
En revanche, le pâturage conduit à l’élimination de la Sanguisorbe officinale (Sanguisorba officinalis), plante nourricière exclusive des chenilles des deux papillons très rares et figurant
également dans l’annexe 2 de la même Directive européenne, l’Azuré des paluds (Maculinea nausithous) et l’Azuré de la Sanguisorbe (Maculinea teleius). Une gestion par fauche à la fin du
printemps a l’effet inverse : elle permet une abondante floraison estivale de la Sanguisorbe, mais conduit à la régression, voire à la disparition par exclusion compétitive, du Liparis.
Dans ces conditions, quel mode de gestion conservatoire privilégier pour conserver la biodiversité dans ce marais ?
La solution est simple : la diversité spatiale (si possible en mosaïque) des modes de gestion de la végétation peut assurer la coexistence d’un maximum d’habitats et donc d’espèces. Des
zones peuvent ne pas être gérées, pour permettre la reconstitution de l’aulnaie et de sa biodiversité propre (par exemple pour les champignons).